Publicité temporaire en_tête
Header ad

Moments difficiles pour le Premier ministre du Mali : Soumeylou Boubèye Maiga face à de multiples défis

Moments difficiles pour le Premier ministre du Mali : Soumeylou Boubèye Maiga face à de multiples défis
468×60 content ad
En quatre mois de l’année scolaire, les élèves maliens n’ont réellement été en classe que durant six semaines. Annoncé pour mort, le chef djihadiste Amadou Kouffa réapparaît. Comme si cela ne suffisait, deux des trois plus influents chefs religieux du pays réclament sa tête. Le ‘’Tigre’’ est acculé, à tel point que le président de la République, selon notre constat, a repris en main certains dossiers.

-Un texte de Mamadou TOGOLA-

Nous sommes le 29 décembre 2017, à exactement 8 mois après l’élection présidentielle. Le débat sur la révision constitutionnelle divise les Maliens. Le président de la République est très peu entendu et l’opinion semble avoir une oreille attentive aux discours de l’opposition, surtout à celui d’un certain Ras Bath surnommé «le Guide». La situation sécuritaire est très préoccupante et le climat social très tendu. C’est dans ce contexte que le Premier ministre Abdoulaye Idrissa rend sa démission. Son remplaçant est officiellement connu le lendemain, il s’agit de Soumeylou Boubèye Maïga, alors Secrétaire général de la Présidence. Maintes fois annoncé, en vain, il est enfin arrivé à la Primature. Sa mission: redorer l’image du président et organiser les élections présidentielle et législatives.

lire aussi- Mali: Le syndicat des élèves et étudiants (AEEM) proteste contre les grèves incessantes des enseignants!

Koufa renaît de ses cendres…

A un an et deux mois à la Primature, Soumeylou Boubèye Maïga détient, après Modibo Keita, le record de longévité des cinq Premiers ministres du premier quinquennat IBK. Cependant, s’il a pu organiser la réélection d’IBK, le Tigre, en dépit de sa capacité à rebondir, semble menacé. Les indicateurs socio-sécuritaires sont au rouge. Ainsi, quatre mois après la rentrée scolaire, les élèves ne sont qu’à six semaines réelles de cours. La grève des enseignants paralyse tout le secteur avec l’entrée dans la danse de l’Association des Elèves et Etudiants du Mali (AEEM). En Février 2018, en déplacement à Mopti, Soumeylou Boubèye Maïga avait promis le déploiement de 4 000 militaires pour «mettre hors d’état de nuire» les groupuscules lourdement armés qui sèment la terreur dans le centre du Mali. Une équation non résolue et même corsée par le retour du chef djihadiste Amadou Kouffa, jusque-là donné pour mort. Alors, Koufa renaît-il de ses cendres telles Phoenix !

Rires jaunes entre « faux amis »

 «Dans une démocratie  de bon aloi, le Premier ministre est le chef de la majorité». Cette déclaration récente du président de la République visait, en réalité, à faire baisser la pression autour de son chef de l’Exécutif. En dépit des rires jaunes, de part et d’autre, le malaise est bien réel entre « faux amis » au sein de la majorité. C’est Dr Bocary Tréta, le premier, qui lance une pique.  En effet, le 22 décembre dernier, à la 5econférence régionale du RPM à Banamba, le président du parti attaque en qualifiant de « phénomènes passagers», ceux qui débauchent les cadres de son parti. La riposte du Tigre ne tardera pas : «Quand le hérisson passe, le chien aboie sans jamais pouvoir le mordre».

Ce que Tréta ne digère pas, c’est que ces efforts pour la réélection du président IBK ne soient pas récompensés à juste titre. Lui qui a su rassembler, mobiliser et parfois même diviser comme avec Sabati et la Codem, quand la situation l’exigeait. Aussi, le président du RPM, qui voulait le fauteuil du président de l’Assemblée nationale a été au regret de voir la date des élections législatives repoussées. Pendant ce temps, les élus de son parti, ceux-là même sur lesquels il compte, en cas de réélection pour obtenir le perchoir, sont passés du vert et or au rouge vif. Rien qu’à Koulikoro, 10 des 18 députés RPM ont viré à l’ASMA-CFP, le parti du Tigre.

Petits pas pour le Mali

L’un des autres fronts sur lequel doit se battre le Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga, c’est son bras de fer avec deux des trois plus puissants chefs religieux du pays. Ces derniers, notamment Bouyé Haïdara et l’Imam Mahmoud Dicko, exigent sa démission. Même si, officiellement, le président de la République «minimise» la mobilisation de ces deux cheicks pour la satisfaction de leur doléance, il va de soi qu’ils doivent être pris au sérieux. Très au sérieux même. Dans ce contexte socio-politico-sécuritaire tendu, l’apaisement du climat social, socle de tout développement, est difficilement réalisable en négligeant le vœu d’un pan important des forces vives de la nation.

Depuis quelques semaines, le président de la République qui se contentait de ses nombreux déplacements à l’étranger semble avoir pris les dossiers en main. Ce n’est plus « allez voir mon Premier ministre ». Lui-même multiplie les rencontres au Palais présidentiel. Mieux, il ne se contente plus de « tendre la main» vers l’opposition, mais il fait des pas. En effet, plus d’avoir décroché son téléphone ‘’très présidentiel’’ pour appeler son « Cadet », chef de file de l’opposition, notamment Soumaïla Cissé, les deux se sont entretenus pendant près de 120 minutes. Une première depuis plus de cinq ans qu’IBK est au pouvoir. A sa sortie d’audience, Soumaïla Cissé l’avoue : «Ce fut un grand balayage». Il ne reste plus qu’à espérer que ce petit pas entre « hommes d’Etat » soit un grand pas pour le Mali.

Source : Maliweb.net

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.