in

Les survivants se souviennent des attentats de Paris 13 nov

Vendredi, la France a marqué le cinquième anniversaire de l’explosion d’une escouade d’agresseurs djihadistes à Paris, dans sa pire atrocité en temps de paix, avec des blessures psychologiques encore vives et un pays ébranlé par une série de nouveaux attentats
La nuit du carnage du 13 novembre 2015 a vu 130 personnes tuées et 350 blessées lorsque des kamikazes et des tireurs islamistes ont attaqué un stade de sport, des bars et des restaurants et une salle de concert.

L’horreur même de ces attentats, revendiquée par les extrémistes du groupe de l’État islamique, a laissé des cicatrices qui ne sont pas encore cicatrisées car la menace pour la sécurité de la France demeure.

« Cinq ans plus tard, le plus difficile reste la date du 13 novembre et tout ce qui l’entoure », a déclaré David Fritz Goeppinger, qui a survécu au massacre des Bataclan et a écrit un livre, « A Day in Our Lives », pour aider à surmonter cette expérience.

« C’est vraiment difficile pour moi de dire ‘aujourd’hui, je vais mieux ou aujourd’hui, c’est tout… Le stress post-traumatique n’est pas oublié », a-t-il déclaré à l’AFP.

 

La Française Catherine Bertrand, qui a également survécu à l’attaque du Bataclan et a écrit une bande dessinée, « Chroniques d’un survivant », a déclaré que le stress post-traumatique a diminué avec le temps mais qu’il revient toujours.

« Dès qu’il s’agit de sortir, d’utiliser les transports, ça revient », dit-elle.

Des monuments commémoratifs silencieux

Le cinquième anniversaire des grèves de novembre 2015 est marqué par une attaque au couteau devant les anciens bureaux de l’hebdomadaire Charlie Hebdo, la décapitation d’un enseignant et une série de coups de couteau mortels dans une église de Nice.

Cette nouvelle attaque a relancé un débat passionné et parfois douloureux sur l’approche de la France à l’égard de sa minorité musulmane, le président Emmanuel Macron appelant à la répression du radicalisme islamiste.

Le ministre de l’intérieur Gerald Darmanin a déclaré vendredi à la radio Franceinfo que 48 étrangers sans papiers et suspectés de radicalisation avaient été expulsés de France depuis le 1er juillet.

« N’oublions jamais ceux qui nous ont quittés », a déclaré le président Emmanuel Macron dans un message sur les médias sociaux.

« La France a été frappée au cœur. L’horreur au milieu de Paris, mais les Français sont restés debout. Debout face à la terreur. Debout pour défendre notre liberté et nos valeurs », a-t-il ajouté.

Debout pour ceux qui sont tombés.
Debout pour ceux qui restent. pic.twitter.com/QvLiB5iTbf

– Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) 13 novembre 2020

Le Premier ministre Jean Castex et la maire de Paris Anne Hidalgo ont assisté vendredi à de petites cérémonies commémoratives, réduites en raison de la pandémie de coronavirus, sur des sites ciblés, dont le Stade de France, le bar Le Carillon et le Bataclan.

« Aujourd’hui, cinq ans après, Paris se souvient », a tweeté Anne Hidalgo, en utilisant comme hashtag la devise nautique de Paris en langue latine — Fluctuat Nec Mergitur (Elle est balancée mais ne coule pas).

La Tour Eiffel devait éteindre ses lumières à partir de 20h (1900 GMT) en hommage aux victimes, puis clignoter toutes les heures en souvenir de l’attentat.

« C’est une attaque non seulement contre les parisiens, mais aussi contre notre humanité et nos valeurs communes », a déclaré le président américain Joe Biden, qui a promis d’améliorer la coopération « afin de relever les nombreux défis communs auxquels nous sommes confrontés ».

Procès et nouvelles attaques

Depuis 2015, les atrocités sont de plus en plus souvent commises par des personnes inconnues des services de renseignement, souvent inspirées par la propagande djihadiste et qui utilisent des armes telles que des couteaux dans des attaques qui ne nécessitent que peu de préparation.

« Ils nous attaquent toujours mais par l’intermédiaire d’individus fanatiques qui utilisent des couteaux pour créer la peur », a déclaré François Hollande, qui était président au moment des attentats, au journal Le Parisien. « La guerre sur notre sol n’est donc pas terminée, mais de nombreuses batailles ont été gagnées depuis 2015 ».

En janvier 2015, des tireurs islamistes ont massacré le personnel de Charlie Hebdo, prétendant venger la publication par l’hebdomadaire satirique de caricatures du prophète Mahomet.

Fidèle à sa réputation de défi, le magazine a republié les caricatures pour marquer le début, en septembre, du procès des complices présumés des meurtres.

Dans la foulée, un homme né au Pakistan a blessé deux personnes avec un couperet à viande le 25 septembre devant les anciens bureaux de Charlie Hebdo.

Le professeur Samuel Paty, qui avait montré les mêmes dessins à sa classe, a été décapité devant son école le 16 octobre par un radical islamiste de Tchétchénie. Et le 29 octobre, un homme récemment arrivé de Tunisie a tué trois personnes avec un couteau dans une église de Nice.

Les verdicts dans le procès Charlie Hebdo, qui étaient attendus cette semaine, sont maintenant attendus pour le 27 novembre, car le processus reprend lundi après un ajournement de deux semaines après que trois accusés aient été testés positifs au Covid-19.

Début 2021 verra entre-temps l’ouverture du procès de 20 suspects dans les attentats de novembre 2015 à Paris.

Written by Dani Bouzou

Je suis passionné par les nouvelles technologies et le digital  ! Toujours connecté, je ne rate aucune infos que je vous livre sur notre site.

Un projet de loi visant à limiter les photos et vidéos permettant d’identifier les policiers