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Génocide au Rwanda: révélations sur les mensonges de la France

Génocide au Rwanda: révélations sur les mensonges de la France
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Mediapart et Radio France ont exhumé une archive du renseignement français sur les commanditaires de l’attentat du 6 avril 1994 au Rwanda dans lequel a été tué le président Habyarimana.

—Un texte de Laurent Larcher—

Selon ce document, la responsabilité des Hutus extrémistes dans cet attentat est l’« hypothèse la plus plausible ». Cela contredisait les analyses des autorités françaises de l’époque.

 Que dit la note ?

Cette note datée du 22 septembre 1994 a été déclassifiée par le ministre de la défense, le 17 septembre 2015, dans le cadre de l’enquête des juges Marc Trévidic et Nathalie Poux sur l’attentat contre le président Habyarimana, le 6 avril 1994.

Publiée par les journalistes Fabrice Arfi et Benoît Collombat pour Mediapart et Radio France, elle affirme que la responsabilité des extrémistes hutus dans la mort de Juvénal Habyarimana est l’« hypothèse la plus plausible ». Le document indique que les « principaux commanditaires de l’attentat du 6 avril 1994 » sont les colonels Théoneste Bagosora, l’ancien directeur du cabinet du ministre de la défense, et Laurent Serubuga, l’ancien chef d’état-major des Forces armées rwandaises (FAR).

Selon cette note, ils auraient agi par ressentiment : « Leur mise à la retraite, prononcée en 1992 par le président Habyarimana, alors qu’ils espéraient obtenir le grade de général, avec les privilèges afférents, a été à l’origine d’un lourd ressentiment et d’un rapprochement remarqué auprès de Mme Agathe Habyarimana, veuve du président et considérée souvent comme l’un des principaux cerveaux de la tendance radicale du régime. »

Le document précise que l’attentat contre l’avion du président Habyarimana « aurait été prémédité de longue date par les extrémistes hutus. L’assassinat de ministres de l’opposition modérée et de Tutsis, moins d’une demi-heure après l’explosion du Falcon présidentiel, confirmerait le haut degré de préparation de cette opération. »

► Quelle est la nature du débat ?

L’attentat du 6 avril 1994 contre l’avion du président rwandais a été suivi par une vague de massacres dont ont été victimes les Tutsis et les Hutus de l’opposition. Dès le 7 avril, les membres du gouvernement et de l’opposition rwandaise qui n’épousaient pas les thèses des extrémistes hutus furent assassinés, en premier lieu le premier ministre Agathe Uwilingiyimana.

Dans le même temps, les tueurs exécutent systématiquement les Tutsis. Le 8 avril, un nouveau gouvernement est constitué dans l’ambassade de France, le gouvernement intérimaire rwandais (GIR). Composé d’extrémistes hutus, le GIR et les forces qui lui étaient liées seront les responsables du génocide perpétré contre les Tutsis du Rwanda : 800 000 morts en trois mois.

Deux thèses s’opposent quant à l’identité des commanditaires de l’attentat du 6 avril. Pour la première, il s’agit du Front patriotique rwandais (FPR), le mouvement formé par les Tutsis rwandais exilés en Ouganda. Le FPR aurait éliminé le président Habyarimana pour permettre aux extrémistes hutus de prendre le pouvoir et déclencher le génocide : une réaction en chaîne qui leur permettait de légitimer son offensive militaire contre un régime devenu génocidaire.

Pour la seconde, il s’agirait des Hutus extrémistes qui auraient voulu se débarrasser d’un président jugé trop conciliant avec l’opposition rwandaise.

► Qu’apporte de nouveau cette note ?

La note de la DGSE conforte le dossier qui accuse les Hutus extrémistes d’être à l’origine de cet attentat. Mais surtout, elle apporte un nouvel éclairage sur l’aveuglement ou le dysfonctionnement de l’appareil d’État français.

Pour les politiques et les militaires en place en 1994, il ne faisait aucun doute que le FPR était derrière l’attentat du 6 avril. Cette certitude s’est prolongée après le 17 septembre 1994, comme en témoigne le sommet France-Afrique en novembre 1994, à Biarritz, où le nouveau gouvernement rwandais n’avait pas été invité puisqu’il était considéré comme responsable du déclenchement du génocide. Une croyance encore largement partagée, 25 ans après, parmi les politiques et les militaires français de l’époque.

Source : La Croix

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