Publicité temporaire en_tête
Header ad

Depuis la Haye: Blé Goudé se révolte, ce qu’il a dit

Depuis la Haye: Blé Goudé se révolte, ce qu’il a dit
468×60 content ad

C’est un Charles Blé Goudé plutôt pugnace qui s’est prêté au jeu des questions-réponses, mercredi 18 septembre 2019, sur les antennes de la télévision Voxafrica, au micro d’Alain Foka. Dans une interview diffusée, le président du Congrès panafricain pour la justice et l’égalité des peuples (Cojep) a donné sa vision pour la Côte d’Ivoire et son avenir.

Il s’est quelque peu révolté. « Le plus important pour moi, mon honneur a été lavé devant le monde entier. Je me réjouis de ce que mes enfants n’ont pas hérité d’un nom ensanglanté du sang innocent de mes concitoyens. Ça veut dire que je ne suis pas un criminel. Ce n’est pas aisé de porter un tel lourd fardeau. Depuis le 15 janvier, je dors en paix, je me réveille en paix. Et que ma génération non plus n’aura pour leader, pour chef, quelqu’un que le monde entier traite de criminel… », a déclaré Charles Blé Goudé. En liberté conditionnelle à La Haye, il a estimé que le passé en prison l’a forgé, lui permettant de voir plus clair dans la politique et dans sa vision de diriger un jour son pays. « Quand vous sortez d’une telle épreuve, il y a deux attitudes à adopter. Soit la douleur de la prison vous fait abandonner vos convictions, soit elle les renforce…. Je compte être parmi ceux qui vont décider de la destinée de mon pays », a-t-il affirmé.

Il s’est indigné que des mains occultes tentent de l’opposer à Laurent Gbagbo, son « modèle ». « Je ne sais pas ce qui pourrait, moi Charles Blé Goudé, me pousser à me fâcher avec mon père Laurent Gbagbo… C’est une séparation géographique qui n’est ni du fait du président Laurent Gbagbo ni de mon fait. Mais il y a que nous sommes dans une situation judiciaire pendante. Je ne parlerai pas d’un contact téléphonique entre Laurent Gbagbo et moi dans des médias. Je ne sais pas à quoi cela servirait. Nous ne sommes pas dans un spectacle… Le président Laurent Gbagbo et moi, nous n’avons jamais dit que nous avions un programme téléphonique. Ceux qui veulent s’amuser, c’est leur droit, ils peuvent s’amuser, mais ils ne sont pas obligés de nous associer à leur amusement. Nous sommes au sérieux, nous sommes devant la Cpi… », a-t-il fulminé, répondant à ceux qui disent que l’ex-président ivoirien et lui ne se parleraient plus. « Je ne tournerai jamais le dos au président Laurent Gbagbo », a-t-il répondu à Alain Foka.

Sur la question de ses rapports avec le Front populaire ivoirien (Fpi) et les alliances qui se font actuellement en vue de la présidentielle de 2020, Charles Blé Goudé s’est voulu on ne peut plus clair. « C’est un fait que je n’ai pas de carte de militant de ce parti politique (Fpi, Ndlr). Nous nous considérons comme un partenaire du Fpi. Maintenant, je ne sais pas si le Fpi nous considère comme un partenaire. En ce qui concerne le Cojep, celui qui nous considère comme un partenaire, nous serons son partenaire… Je souhaite qu’on ne s’entête pas à m’opposer au président Laurent Gbagbo. Ceux qui veulent le faire, ils perdent leur temps. Personne ne se servira du président Laurent Gbagbo comme d’une corde pour m’attacher. Je n’ai pas connu le président Laurent Gbagbo autour d’un verre de bière, c’est dans la douleur que je l’ai connu… Qu’on arrête de jouer avec ma douleur », a-t-il pesté, soulignant tout de même avoir pris du recul en prison, pour réfléchir à son avenir. Il a indiqué qu’il a été approché par le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (Pdci) de Henri Konan Bédié pour adhérer à sa plateforme politique non idéologique. « Si je ne me suis pas précipité pour entrer à Eds qui a été mis en place par le Fpi, je ne me précipiterai pas pour aller dans une plateforme de Henri Konan Bédié… Je dis que je ne rentre pas dans une plateforme qui est mise en place pour combattre un individu », a martelé Blé Goudé.

Admiration pour Simone Gbagbo

Cependant, le leader du Cojep a caressé Simone Éhivet Gbagbo, l’épouse de Laurent Gbagbo dans le sens du poil. « Je me sens davantage proche d’elle d’autant que depuis qu’elle est sortie de prison, elle est en tournée, parlant de paix. Nous voulons rassembler les Ivoiriens de nouveau. Je suis fasciné par la capacité de résilience de cette dame qui a mis fin à la formule « sois belle et tais-toi ! », et qui est sur le terrain, qui parle aux Ivoiriens, et qui met en avant l’intérêt de la Côte d’Ivoire. Oui je me sens proche d’elle et j’admire le combat qu’elle mène. On a été séparés géographiquement mais les valeurs nous lient toujours », a-t-il déclaré. Non sans souligner, a contrario, qu’il n’a « pas de contact direct avec Guillaume Soro ».

En tout état de cause, pour Charles Blé Goudé, « rassurez-vous, la Cpi ne sera pas la sépulture de ma vie. Je l’ai dit… je retournerai chez moi ». Il s’est présenté comme un artisan de paix. Mais il a réclamé pour 2020, un modèle pour diriger le pays. « Nous voulons un président modèle. C’est celui qui peut se mettre au-dessus de la mêlée et refuser d’être un chef de clan… Le président Gbagbo a été toujours au-dessus de la mêlée. Je pense qu’il a cette capacité, qu’il a ce leadership-là. Cela ne dépend pas de moi. Souventefois, les gens veulent imposer leur agenda au président Laurent Gbagbo. Lui et lui seul peut donner suite à sa carrière politique et je suis trop petit pour imposer un agenda au président Laurent Gbagbo. Moi, je m’organise avec ma génération, je m’organise avec mon équipe, je me prépare parce que demain je veux faire partie des dirigeants de mon pays », a-t-il clamé. Pour lui, l’horizon 2020 fait peur. C’est pourquoi il a souhaité parler avec toute la classe politique, y compris avec Alassane Ouattara, le président de la République actuel.

« S’ils n’avaient pas ouvert les portes, j’aurais continuer de taper à la porte pour dire ouvrez les portes, mon pays a besoin de toutes ses forces. Allons à la compétition… Fixons-nous une ligne rouge à ne pas franchir, pensons à ces populations qui finalement sont des victimes… Nos ambitions politiques ne sont pas au-dessus de la vie des Ivoiriens. Je lance le même appel à la classe politique africaine. La situation de la Côte d’Ivoire n’est pas singulière. Quand on frappe le lézard, le margouillat s’apprête. Inspirons-nous de ce qui est déjà arrivé à nos pays et démocratisons nos pays, ouvrons le débat politique, construisons-nous et ayons confiance en nous… Moi je veux parler à la Côte d’Ivoire plurielle. Je ne peux pas vouloir parler à la Côte d’Ivoire plurielle et parler à un clan. C’est pourquoi, je prends mes distances par rapport à tout ce qui se passe… Je veux servir d’instrument de paix à mon pays. Je veux parler à tout le monde. Je veux parler à Alassane Ouattara. Je veux discuter avec lui pour lui demander d’ouvrir le jeu politique, pour lui demander de doter la Côte d’Ivoire d’une Commission électorale indépendante, à la tête de laquelle il y a un homme de valeur qui n’a pas d’intérêt à agir. Je veux parler avec celui dont la signature engage la Côte d’Ivoire… », a insisté Charles Blé Goudé depuis La Haye. Appelant au changement des mentalités. « Tout cela est derrière moi, je ne combats pas un individu, je combats des pratiques, je combats un système. Je critique un système et je fais des propositions. C’est ce que j’ai appris de Laurent Gbagbo », a dit Charles Blé Goudé.

Hervé KPODION/Linfodrome

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.