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Contestations électorales en RDC: ne brûlons pas la « maison commune » !

Contestations électorales en RDC: ne brûlons pas la « maison commune » !
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Des millions de Congolaises et Congolais de sang, témoins des douleurs d’enfantement de notre démocratie depuis le 24 avril 1990, ont ressenti une immense joie le 30 décembre 2018 car, pour la troisième fois après 2006 et 2011, notre peuple était appelé à exercer son droit de « vie ou de mort politique » sur les futurs animateurs de ses institutions. Ils étaient tout heureux de voir s’éloigner à jamais de notre espace politique le spectre des « candidatures endossées par le Comité Central du MPR (Mouvement Populaire de la Révolution) » et des « élections par acclamations ».

Malheureusement, leur joie d’avoir assisté, de leurs propres yeux, à la passation civilisée du pouvoir entre un Président de la République sortant, et son successeur entrant, tous deux élus par le souverain primaire, commence à avoir un goût amer. Et pour cause ?

Ils sont déçus par l’attitude des leaders de Lamuka, la coalition ayant soutenu la candidature de Martin Fayulu à l’élection présidentielle. Tout en reconnaissant à ce candidat malheureux le droit d’avoir contesté la « vérité des urnes » par une requête introduite en bonne et due forme à la Cour Constitutionnelle, on lui reproche cependant d’avoir commencé par rejeter les règles du jeu – non à la machine à voter, non à l’organisation des élections par une Ceni aux ordres de la Majorité Présidentielle, non à un fichier électoral pollué – avant de souscrire, en catastrophe, à la participation aux élections avec la machine à voter, avec une Ceni pilotée par Corneille Nangaa et plus de dix millions d’électeurs fantômes.

Les leaders de Lamuka savaient pourtant ce qui les attendait après avoir accepté les règles du jeu, à savoir que la compilation et la proclamation des résultats provisoires seraient faites par la Commission Electorale Nationale Indépendante et les résultats définitifs proclamés par la Cour Constitutionnelle, deux institutions entièrement contrôlées par l’ancienne Majorité au pouvoir.

« Lamuka » et « Cach » même objectif

On rappelle qu’avant d’en arriver aux élections, la grande crainte des millions de Congolaises et Congolais résidant au pays et à l’étranger était le tripatouillage des résultats en vue de faire triompher le dauphin de Joseph Kabila à la présidentielle, nous avons cité Emmanuel Ramazani Shadari. D’où la multiplication d’appels à l’unité de l’Opposition et son rassemblement autour d’un « candidat commun » ainsi qu’à la surveillance étroite des opérations de vote et de compilation des résultats.

C’est du reste en vue de maximiser les chances des candidats de l’Opposition qu’avait germé l’idée de la mise en place d’une méga plate-forme électorale, dont la concrétisation s’était soldée par un cuisant échec en novembre 2018 à Genève. Car, après la signature de l’acte de naissance de « Lamuka » par Moïse Katumbi, Jean-Pierre Bemba, Adolphe Muzito, Freddy Matungulu, Martin Fayulu, Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe, les deux derniers cités avaient été contraints, sous la pression de leurs « bases », mais aussi après s’être rendus compte, selon eux, avoir été roulés dans la farine, de renier leurs signatures. D’où leur décision de créer une plate-forme électorale parallèle, dénommée « Cach » (Cap pour le Changement).

L’on peut noter, à l’analyse, que « Lamuka » et « Cach » visaient en fait le même objectif : la victoire de l’opposition contre leur adversaire commun, à savoir Ramazani Shadari, le candidat de la Majorité. Logiquement, les leaders de l’Opposition, toutes tendances confondues, devraient se réjouir d’avoir atteint leur objectif commun, qui était le changement de gouvernance au sommet de l’Etat, avec un des leurs au pouvoir, nous avons cité Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo.

Quelle est la mission de ce dernier ? Rappelons, de manière ramassée, quelques éléments essentiels de la campagne électorale de Lamuka et Cach : restaurer l’Etat de droit, éradiquer les antivaleurs (corruption, concussion, détournements des deniers publics), lutter contre la pauvreté, sauvegarder l’unité nationale en réconciliant les filles et fils de ce pays avec eux-mêmes, libérer les prisonniers politiques et d’opinions, libéraliser les activités politiques, mettre fin au pillage des ressources naturelles et à l’évasion des recettes administratives, fiscales, douanières, domaniales et autres, réhabiliter et moderniser les infrastructures de base, créer des emplois…

Bref, c’était de rompre avec le système de prédation et des injustices sociales pour bâtir un pays plus beau qu’avant. Mais si tel est le programme commun de gouvernement envisagé par l’Opposition, Lamuka ne devrait pas trop s’agiter de l’avènement de Félix Tshisekedi au pouvoir, un membre à part entière de cette famille politique.

Qu’on laisse travailler le nouveau Chef de l’Etat pour le juger, plus tard, sur pièces, de manière à savoir s’il est resté fidèle à l’idéal du changement ou s’il n’est qu’une pâle copie du « kabilisme ».

S’il est acquis que la RDC s’est résolument engagée dans la voie de la démocratie, Martin Fayulu et ses compagnons de lutte au sein de Lamuka devraient continuer à caresser l’espoir d’accéder au pouvoir dans 5 ans ou dix ans, voire au-delà, par des voies démocratiques. Par conséquent, on ne peut que s’inquiète des appels à la haine tribale et à la désobéissance civile échappés des gosiers de certains leaders et partisans de cette coalition politique, lors du meeting du samedi 02 févier 2019 à la Place Sainte Thérèse, dans la commune de N’Djili.

On comprend la frustration que ressent Martin Fayulu face à ce qu’il considère comme un holdup électoral signé par la CENI et la Cour Constitutionnelle. Mais on ne partage pas son intention clairement affichée de rendre le pays ingouvernable, en divisant ses filles et fils en camps antagonistes.

Qu’on se souvienne des dégâts directs et collatéraux de l’épuration ethnique déclenchée contre les originaires du Grand Kasaï en 1992, sous la direction de Gabriel Kyungu, avec la bénédiction du Maréchal Mobutu, foncièrement opposé à l’avènement d’Etienne Tshisekedi à la Primature et à l’exécution des Résolutions de la Conférence Nationale Souveraine (CNS).

Morts, maisons brûlées ou confisquées, petites et moyennes entreprises fermées ou sabotées, licenciements sans préavis de la Gécamines, refoulement en masses par trains, véhicules ou à pieds : tel était le décor apocalyptique d’une chasse à l’homme d’une autre époque. Croyant s’être débarrassés des «bilulu», les Katangais étaient de constater que le départ des Kasaïens avait précipité l’asphyxie économique de leur province. Bien que des faits aussi graves soient restés impunis, ce feuilleton douloureux mérite d’être exhumé pour permettre à ceux qui versent aujourd’hui dans des propos xénophobes d’en tirer les leçons qui s’imposent.

Ne brûlons pas la « maison commune car si la RDC est effacée de la carte géographique de notre planète, que dirions-nous aux pères de l’indépendance s’ils nous interpellaient au sujet d’un tel gâchis ? Quelle réponse donnerions-nous à Kasa-Vubu, Lumumba, Mobutu et Mzee Laurent Désiré Kabila face à notre « bêtise commune » ?

D’où Martin Fayulu et ses alliés de Lamuka devraient faire preuve d’un minimum de retenue car, de même qu’il y a une vie après la présidence de la République, il y a également une vie après une défaite à la présidentielle.

Source : mediacongo.net

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